La médiocrité et la catastrophe

Il ne manque plus que deux jours, mais mon opinion est arrêtée depuis plusieurs semaines. Je pense qu’il est nécessaire d’aller voter à l’élection présidentielle. Les Français(es) bénéficient de ce droit qui leur semble galvaudé et inutile, mais dont bien d’autres citoyen(ne)s du monde souhaiteraient user. Nombre de Français(es) disent ne plus se sentir représenté(e)s par les politiques, ce qui est aisément compréhensible. Toutefois, cette « représentation » est souvent une projection idéalisée ; en tant que telle, quand bien même elle se produirait, elle n’en serait pas moins une idéalisation. Au contraire, je pense qu’il faut de nos jours être pragmatique, même lorsqu’on ressent un sentiment de défiance envers un(e) candidat(e) et son programme. Je pense donc qu’il faut voter, tant au premier tour qu’au second. Car non, tou(te)s les candidat(e)s ne se valent pas. Il ne faut pas mélanger la médiocrité et la catastrophe. Une médiocrité peut se corriger par la suite. Une catastrophe peut être sans retour.

Samuel Cogliati
[photo CC Pang-hung.liu]